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Doc Reggae raconte


Au terme de la réalisation du nouveau mixage de « Enregistrement public au Théâtre Le Palace »,
j’ai envoyé les informations suivantes à mon client, l’équipe de Mercury, avant qu’elle n’entende le résultat final :
Pour votre information,
Les prises que nous avons mixées sont les mêmes que celles que Philippe Lerichomme avait choisies.
On les a sélectionnées à l'oreille, sans se soucier de celles que Philippe avait utilisées, et en comparant je constate que ce sont les mêmes.
Dérogent à cette règle les prises inédites suivantes, que nous avons retenues et mixées. Elles se substituent donc aux prises publiées sur l'album vinyle originel de 1980 :
1) "Harley Davidson", une prise entièrement inédite bien mieux que la version qui figure sur l'album originel, qui souffrait de sévères larsens la rendant inutilisable à l'époque.
Nous avons finalement pu éliminer les larsens (à grand-peine) grace à des techniques compliquées, notamment grace à un plug in d’égalisation réglé très pointu sur la fréquence du larsen. C'est maintenant sans aucun doute la meilleure version de cette chanson interprétée par Serge Gainsbourg lui-même.
Comme il est vraisemblable que cette nouvelle prise différente figurera un jour sur une anthologie (comme c'est déjà le cas pour la prise publiée en 1980 sur le double vinyle), on en a réalisé un mix supplémentaire sans public de façon à ce qu'elle passe mieux dans une éventuelle compilation reggae à venir.
2) "Elle est si", prise inédite. La prise parue sur l’album originel est très bien, mais celle-là aussi. Et en plus Serge dit « ta gueule » à une emmerdeuse qui braille au premier rang. Comme sur tout l’album, on a mis le public très en valeur, tel qu’il s’est exprimé lors du concert.
Les mots qu’on ne comprend pas bien après le premier vers sont « j’entame, hein » !
3) La présentation des musiciens, prise inédite.
4) "Relax baby be cool (reprise instrumentale)", une improvisation basse-batterie inédite de Sly & Robbie en rappel. Je n’ai jamais entendu Robbie Shakespeare jouer de la basse slap ailleurs. Je lui avais demandé un jour ce qu’il pensait du slap, et il m’avait dit que c’était une manière de jouer « de guitariste » et que lui était un bassiste. Document donc.
5) "Lola rastaquouère", une version "samba" très énergique et différente, jouée en rappel le 27 décembre, et qui figurera en plus de celle de l'album originel, également remixée. La prise de son n’était pas terrible, mais l’ambiance et le rythme samba valent le coup.
6) "Aux armes et cætera", une version rappel bien mieux interprétée (tant par Serge que par les Revolutionaries) que celle qui figure sur le rappel de l'album originel. Comme "Harley Davidson", elle n'avait sans doute pu être utilisée pour des raisons techniques (larsen, prise de son défectueuse, etc.) que nous avons pu régler sur ProTools à force d'acharnement.
L’essentiel des enregistrements de la foule figurera sur l’album. La plage initiale, intitulée « Ouverture », se termine par un petit dialogue entre les musiciens, que j’ai voulu mettre en avant :
Sly Dunbar :« Ready Ansel ? Forward the organ, fire ! Ready ? Forward the organ ! »
Robbie Shakespeare : « Run it ! »
Sly : « Ready ! One, two… »
On entend aussi Sly crier « Dubwise ! Dubwise ! » aux musiciens sur plusieurs titres. Il annonce ainsi le début d’un passage instrumental où les instrumentistes doivent cesser de jouer alternativement, afin de reproduire à peu près les effets d’un mix dub.
La plupart des prises proviennent du concert du 28 décembre. La prise de son était défectueuse sur la plupart des titres des deux précédents concerts (26 et 27) enregistrés : basse saturée, claviers saturés, repisses d’instruments sur les micros des voix ingérables en raison du niveau de son trop élevé sur scène, larsens partout, percussions pas toujours enregistrées, tout comme certains ds micros de la batterie qui déconnaient. Par chance, les interprétations étaient les meilleures le 28, jour où l’enregistrement du son était nettement mieux.
Rappelons que le CD du Palace paru en 1985, peu distribué et donc peu connu, n'était qu'une compilation de dix titres contenant seulement quelques morceaux forts. Donc sans parler de l'amélioration due à ce remixage, plus de la moitié des titres du Palace seront publiés pour la première fois en CD.
Je précise que l'album du concert jazz de 1963 au Théâtre des Capucines est magnifique mais assez court et anecdotique; Le Casino de Paris ("Serge Live") ne brille pas par l'originalité des musiciens (ni par le mixage…). Quant au "Zénith de Gainsbourg" enregistré à la fin de sa vie, Serge était en relativement mauvaise forme, et les musiciens également criticables, tout comme le mixage.
J'espère donc que ces nouveaux mixages des concerts du Palace, enregistrés en pleine gloire au moment de la consécration, après 15 ans d'absence sur scène, et très forts du point de vue du style puisque Serge a été le premier à enregistrer du reggae en France - et ce magistralement, avec des musiciens exceptionnels - resteront dans l'histoire comme le meilleur album en public de Gainsbourg existant.
Doc Reggae (décidément toujours content de lui)